Newsletter numéro 2 - Lundi 19 septembre 2005
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Les Partenaires de l’édition 2005
du Women’s Forum for the Economy and Society
Le projet est financé, depuis janvier 2005, par par plus de vingt-cinq entreprises privées, qui témoignent, par leur partenariat, de l'importance qu'elles accordent à la présence des femmes dans les entreprises ainsi que de leur intérêt pour les travaux de l’Observatoire dont elles seront membres.
Interview d'Olivier Marchal
Associé et Directeur Général de Bain & Company en France
Bain & Compagny est Business Partner du Women’s Forum.

Olivier Marchal rejoint la société Bain & Company en 1986 et travaille successivement à Londres et à Bruxelles avant de revenir à Paris. Il a mené des missions dans divers secteurs d’activités, notamment celui des biens de consommation, de la distribution, de l’industrie, des transports.
Spécialisé dans les opérations de fusions et acquisitions, en stratégie d’entreprise, de croissance et de réduction des coûts, M. Marchal a également développé une expertise dans les investissements en sociétés non cotées, en France.
M. Marchal a rejoint Bain & Company après l’obtention de son MBA aux Etats-Unis (Wharton School Université de Pennsylvanie). Il est aussi diplômé de l’Essec. Avant d’étudier à Wharton, il a travaillé pour Cogema au Gabon et avec First National Bank de Boston en tant qu’analyste financier (secteur des prêts).
 

« Les statistiques parlent d’elles-mêmes : 46% de femmes constituent la population active, 26% seulement sont cadres et seulement 7% à des postes de direction. Parmi les administrateurs des entreprises du CAC 40, elles ne sont que 3%. Comment expliquer, selon vous, un tel décalage ? ».

OM : C’est vrai que le décalage est important ; il est également vrai qu’il se réduit, mais très lentement et progressivement. Les raisons sont connues et ont pour beaucoup trait à des problèmes d’inertie et donc de lenteur d’adaptation ; lenteur d’adaptation des entreprises, des cultures, des modes de gestion des ressources humaines et de sélection ou cooptation des dirigeants des entreprises.

« Ne pensez-vous pas que les femmes pratiquent également une sorte d’autocensure par rapport aux ambitions professionnelles qu’elles pourraient nourrir ? Si oui, pourquoi ? ».

OM : Il convient d’abord de se méfier des généralisations dans ce domaine. Certaines femmes déploient des niveaux d’ambition ou d’énergie professionnelle plus élevés que beaucoup d’hommes. Il est vrai aussi que les femmes ont une équation plus difficile à établir entre leurs objectifs professionnels et leurs responsabilités familiales ou autres. Il ne s’agit donc pas d’autocensure, mais plutôt de choix personnels établis dans un contexte de flexibilité plus réduite que pour les hommes.

« Bain est classée parmi les entreprises où il fait bon ‘travailler’ : ce jugement s’explique-t-il aussi par le fait que des initiatives ont été mises en place en faveur des femmes ? Quel est le pourcentage, chez Bain, de femmes cadres ou à des postes de direction ? ».

OM : Il est vrai que la diversité dans l’entreprise est un des critères du classement de « Great Places to Work ». Ceci dit nous restons très humbles dans ce domaine en dépit du fait que notre « chairman » soit une femme. S’il est vrai que nous avons mis plusieurs initiatives en route, nous sommes en effet lucides sur le fait que nous sommes aujourd’hui loin d’une situation optimale, notamment pour les postes de « partners » encore en très grande majorité masculins.

« Dans le monde de l’entreprise, qu’apportent, selon vous, les femmes que n’apportent pas les hommes ? ».

OM : Je suis très prudent sur l’apport différencié des femmes, car encore une fois il faut se méfier des généralisations. Il y a du vrai mais l’on caricature souvent en décrivant des comportements ou modes de fonctionnement typiques des hommes ou des femmes. Certaines femmes dirigeantes ont un rapport naturel au pouvoir ou à la politique quand certains hommes excellent dans le raisonnement intuitif ou le sens pratique. Ce que je crois simplement c’est qu’une équipe mixte, même si elle n’est pas nécessairement plus facile à gérer, est plus productive dans son fonctionnement comme dans la justesse de ses décisions.

« Le Women’s Forum for the Economy and Society va donner la parole aux femmes sur tous les grands enjeux, actuels et futurs, de nos sociétés. Selon vous de quelle façon leur vision est complémentaire de celles des hommes et que peuvent-elles apporter de novateur ? ».

OM : Il n’est pas contradictoire d’être réservé sur l’apport différencié des femmes dans l’entreprise, et de penser que le jugement féminin peut considérablement enrichir la réflexion sur les grands débats de société. Je crois que sur beaucoup de ces enjeux concernant l’évolution de nos société ou de la planète, le regard des femmes a beaucoup à apporter en proposant un meilleur équilibre là ou il est déficient : entre l’intérêt court termiste et la vision à l’horizon des générations suivantes, entre la nécessaire défense des intérêts particuliers et la recherche du « win-win », entre une vision macroéconomique des évolutions et celle qui place l’individu au centre.

« Bain, partenaire du Women’s Forum, s’est engagé au côté du Women’s Forum pour la création d’un Observatoire, lieu de connaissances mais aussi centre de recherche et de ressources sur la vision, la place et le rôle des femmes dans la société et en entreprise, produisant études et informations sur les thèmes abordés lors du Forum. Quelles sont les raisons qui vous ont convaincu d’adhérer au projet, de quelles façon vous sentez-vous concerné ? Qu’en attendez-vous concrètement ? ».

OM : Le Forum est une formidable initiative mais qui avait besoin de trouver une continuité dans ses messages, ainsi qu’une possibilité d’approfondissement sur des thèmes importants mais qui ne peuvent être couverts que rapidement dans le cadre d’un évènement de partage de quelques jours.